Bibliographie 2007
Inhalation d’a1-antitrypsine et inflammation des voies aériennes dans la mucoviscidose
dimanche, 01 avril 2007 00:00
Eur Respir J 2007 ; 29 : 240 –250
Chez les patients porteurs d’une mucoviscidose (MV), le défaut génétique conduit à une réponse inflammatoire excessive des voies aériennes avec une augmentation de IL-8 qui attire les neutrophiles, augmente la libération d’élastase qui déséquilibre la balance élastase-antiélastase. L’élastase par ailleurs stimule la production de cytokines pro inflammatoires IL-8, LT-B4. Chez le sujet normal l’a1-antitrypsine (AAT) présent en concentration élevée dans le poumon, inactive les protéases mais les patients MV ont une AAT complexée et inactivée par l’élastase.
GRIESE M et coll proposent une étude prospective, ouverte, randomisée en deux groupes parallèles chez 52 MV âgés de plus de 8 ans avec un VEMS ≥ 25% prédit, colonisés par le pseudomonas aeruginosa afin de préciser quel est le lieu de déposition d’un aérosol d’AAT le plus favorable et d’examiner l’effet sur la fonction respiratoire, l’équilibre protéase-antiprotéase et l’inflammation des voies aériennes. Les patients inhalent chaque soir un aérosol de 25 mg de Prolastine (AAT plasmatique humaine) selon deux modes d’inhalation favorisant un dépôt bronchique ou périphérique. L’expectoration est recueillie le matin pour analyse à T0 puis T14 jours et T28 jours.
RESULTATS
Il n’a pas été observé d’événement indésirable pendant l’étude. Il n’y a pas de différence significative selon le mode de déposition, bronchique (n=24) ou périphérique (n=28). L’inhalation de AAT augmente sa concentration dans l’expectoration à T14 (p<0.001) et T28 (p<0.001) et réduit modérément le niveau d’activité de l’élastase libre à T28 (p<0.05). Elle diminue à T28 le pourcentage des neutrophiles (p<0.05) et la concentration pseudomonas aeruginosa (p<0.05). De même, la concentration en cytokines pro inflammatoires (IL-1β, TNF-a, LT B4) est significativement diminuée ainsi que leur m RNA après 2 et 4 semaines de traitement. Par contre, la fonction respiratoire des MV n’est pas modifiée par le traitement. Il peut être conclu que l’inhalation d’AAT pendant 4 semaines réduit l’inflammation bronchique des patients MV.
CONCLUSION
Cette étude confirme la diminution de l’inflammation bronchique des patients MV après inhalation d’AAT. En effet, MARTIN SL (Pediatric Pulmonology 2006 ; 41 : 177-183) dans une étude comparable conduite en double aveugle, contre placebo, en groupes parallèles chez 39 patients âgés de plus de 16 ans, avait montré après 4 semaines de traitement (AAT extraite du lait de brebis transgénique) des résultats comparables. L’absence d’amélioration fonctionnelle respiratoire peut être due à la durée insuffisante du traitement ou à la sélection des patients à un stade trop avancé de leur maladie. Il serait intéressant de suivre des patients MV traités avant l’installation d’un processus inflammatoire évolué et sur une longue période (BRENNAN S – Editorial – Eur Respir J 2007 ; 29 : 229-230).


