Informations Récentes

Bibliographie 2007

Activité physique régulière et BPCO post tabagique

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEmail

Am J Respir Crit Care Med 2007 ; 175: 458-463

 

L’accélération de la chute annuelle du VEMS est une des caractéristiques des BPCO. GARCIA-AYMERICH J et coll ont montré (Thorax 2006 ; 61 : 772-778) qu’une activité physique régulière réduisait chez les BPCO, les hospitalisations et la mortalité de cause respiratoire ou de toutes causes. Le but de leur nouvelle étude était d’évaluer l’effet d’une activité physique régulière sur la fonction respiratoire et le risque de développer une BPCO sur une population de 6790 sujets recrutés entre 1981 et 1983 et suivis pendant 11 ans en moyenne (8 à 12 ans). Leur activité physique a été classée en légère, modérée et importante.

 

RESULTATS

A l’inclusion, 43% étaient des hommes, l’âge moyen était de 52 ans et l’IMC de 25.1 kg/m². 21% n’ont jamais fumé, 50% étaient des fumeurs modérés et 38% de gros fumeurs. Parmi cette population, l’activité physique était légère 12%, modérée 50% et importante 38%. Lors du second examen, cette activité physique s’était modifiée, soit respectivement 15.6%, 36.6% et 47.8%. Le tabagisme n’a pas été modifié chez 86% des sujets, 10% ont arrêté, 2% ont débuté et 2% ont repris. L’analyse par régression linéaire multi variée  montre que la chute annuelle du VEMS était, par rapport au groupe à activité physique légère, moindre pour les groupes à activités physique modérée et importante mais uniquement chez les fumeurs actifs, (p=0.006). Il en était de même pour la CVF (p<0.0001). Après exclusion des sujets BPCO à l’inclusion, 928 sujets avaient développé une BPCO durant les 11 années de suivi, soit 15 nouveaux cas pour 100 sujets. Le risque de BPCO est plus élevé chez les fumeurs actifs par rapport aux non fumeurs ou anciens fumeurs, et chez ceux qui ont une activité physique légère par rapport aux deux autres groupes (OR=0.80). Le pourcentage de prévention de la BPCO parmi les fumeurs attribué à une activité physique modérée et importante est de 21%. Les sujets qui diminuent leur activité physique pendant le suivi, voient augmenter le déclin annuel de leur fonction respiratoire et le risque de BPCO (OR=1.20) alors que s’ils augmentent leur activité physique, le déclin de la fonction respiratoire se ralenti et le risque de BPCO se réduit (OR=0.81).

 

CONCLUSION

Cette étude prospective a montré qu’une activité physique régulière permet de réduire le déclin de la fonction respiratoire et le risque de BPCO, chez le fumeur. L’hypothèse serait que l’effet anti inflammatoire de l’activité physique réduit l’action inflammatoire de la fumée de tabac.