Analyse incrémentale du coût-efficacité des options thérapeutiques des BPCO

Mercredi, 04 Juillet 2012 06:45

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N HERTEL  – Int J COPD 2012 ;  7 : 183-199

La fréquence des exacerbations des BPCO en dehors de l’impact sur la qualité de vie des patients a un retentissement économique certain. L’objectif des traitements est de réduire leur fréquence pour améliorer la qualité de vie de patients et réduire le recours aux soins et leur coût. Les recommandations internationales, GOLD ou NICE par exemple, vont classer les patients BPCO selon le niveau de leur VEMS après bronchodilatateurs en 4 stades : léger VEMS≥80% prédit, modéré VEMS 50 à 79% prédit, sévère VEMS 30-49% prédit et très sévère VEMS < 30% prédit. 30% des BPCO sévères et 50% des BPCO très sévères présentent une à deux exacerbations par an (NEJM 2010 ; 363 : 1128). HERTEL N et coll (Cost-effectiveness of available treatment options for patients suffering from severe COPD in the UK : a fully incremental analysis) proposent d’étudier la relation coût efficacité  sur la santé des différentes options thérapeutiques disponibles : béta-adrénergiques longue action (β2 AL), anticholinergique longue action (ACL), inhibiteur de la PDE-4 (P4). Ils ont utilisé pour l’analyse statistique de la relation coût-efficacité de ces médicaments et de leurs associations le modèle MARKOV qui comprend 5 états : BPCO sévère, traitement de 1ère (T1) et de 2ème (T2) intention, BPCO très sévère, traitement de première (T1) et de deuxième intention (T2), décès. Les résultats ont été appréciés en fonction du coût total, des années de vie, des années de vie ajustées par la qualité (QALY) et du nombre d’exacerbations par patients. Selon leur tolérance aux corticoïdes inhalés (CSI) ou leur intolérance (ou refus), deux groupes de patients ont été constitués : CSI tolérant et CSI intolérant. L’efficacité du traitement a été exprimée en rapport de risque relatif des exacerbations pour chaque traitement vs le traitement de référence.


Résultats
L’analyse incrémentale a été réalisée pour les deux groupes CSI tolérant et intolérant, pour chaque traitement en fonction du coût total, QALY, nombre d’exacerbations par patient. Le graphique coût total en fonction de QALY total confirme les recommandations du NICE CG 101 (http://guidance.nice.org.ink/cg101). L’étude coût efficacité propose pour les patients CS tolérants d’abord, β2AL ou ACL puis en cas de persistance des exacerbations, β2A + ACL + CSI et enfin quadrithérapie en y ajoutant un inhibiteur PDE4 (Roflumilast®). Pour les groupe CSI intolérant, la prescription comprenait β2AL ou ACL en première intention puis en présence d’exacerbation persistante  β2A + ACL et enfin β2A + ACL + inhibiteur PDE4. Si on compare dans les deux groupes de patients le rapport coût-efficacité incrémental (ICER) à l’ajout du Roflumilast® par rapport à la trithérapie, l’ICER pour le groupe CSI tolérant est de 20 369 euros par QALY gagné et de 16 921 euros dans le groupe CSI intolérant par rapport à la bithérapie. Le NICE estime que la valeur seuil acceptable pour un QALY supplémentaire est de 25 000 euros. L’analyse probalistique de sensibilité confirme l’efficacité de l’ajout de Roflumilast® par rapport au coût : amélioration de la fonction respiratoire, diminution de la fréquence des exacerbations.
Conclusion
L’addition de Roflumilast® (inhibiteur PDE-4) aux traitements recommandés pour les BPCO sévères et très sévères, est cliniquement efficace et favorable au rapport coût-efficacité.

JM POLU – Pneumologue