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Education thérapeutique des patients BPCO : étude contrôlée, randomisée

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CE BUCKNALL  – BMJ 2012 ;  344 : e1060

Les exacerbations des BPCO aggravent leurs symptômes, leur fonction respiratoire, détériore leur qualité de vie et augmentent les recours aux soins, les hospitalisations. Les programmes d’éducation thérapeutique et d’autogestion augmentent la qualité de vie et diminuent la fréquence des exacerbations et les dépenses de santé de ces patients (EFFING Thorax 07.12.2009, RICE AJRCCM 03.05.2010, BOURBEAU Chest 01.02.2007). Cependant, cette éducation thérapeutique n’est efficace que si elle est conduite par des professionnels de santé formés, impliqués et pour des patients volontaires. C’est un processus long qui doit être régulièrement réactivé (Bourbeau ERJ 28.04.2009). BUCKNALL CE et coll (Glasgow supported self-management trial (GSuST) for patients with moderate to severe COPD : randomised controlled trial) ont conduit une étude randomisée, contrôlée pour vérifier si cet apprentissage à l’autogestion de leur maladie (détection précoce des symptômes d’exacerbation et leur traitement par le patient), réduit la mortalité, la fréquence des exacerbations et améliore la qualité de vie des patients BPCO.


Résultats
Les patients BPCO ont été recrutés lors d’une hospitalisation pour exacerbation aigue après optimisation de leur traitement de base. Le groupe intervention (A) a bénéficié d’une éducation à l’autogestion (programme « Living well in COPD ») associée à des sessions individuelles de réentrainement de 40 minutes par jour, sur une période de 6 semaines avec une visite à domicile hebdomadaire, puis jusqu’à 12 mois à la demande des patients. Le groupe contrôle (C) a poursuivi son traitement sous la conduite du généraliste. Sur 995 patients éligibles 464 (47%) ont accepté de participer à l’étude : 69.1±9.3 ans, VEMS 40.5±13.6% prédit sans différence entre les groupes A et C, de même pour le tabagisme, les conditions de vie, la qualité de vie (St George) et les scores d’anxiété dépression (HAS). Dans les 12 mois de suivi, 111 patients du groupe A (48%) et 108 patients du groupe C (47%) ont été ré hospitalisés pour leur BPCO ou sont décédés (HR =1.05, p=0.73). 265 patients sur 433 (61%) ont retourné les questionnaires St George et HAS, 65% dans le groupe A et 50% dans le groupe C. Le score impact de qualité de vie du groupe A s’est amélioré significativement par rapport au groupe C (p=0.015) ainsi que le score anxiété du questionnaire HAD (p=0.04) à la fin de l’étude. Les auteurs ont étudié 75 patients du groupe A dont ils ont jugé l’éducation à l’autogestion réussie. Ce groupe, avec un score d’efficacité à l’inclusion significativement moins bon (68±24 vs 73±30, p<0.05) par rapport aux 105 patients restants, était plus jeune (67±8.6 vs 71±9ans, p=0.012), vivait moins souvent seul (27±46%, p=0.003), leur ré hospitalisation étaient moins fréquentes 27 vs 49%, p=0.003), leur première ré hospitalisation plus tardive.
Conclusion
Les auteurs concluent que l’éducation des patients BPCO à l’autogestion de leur maladie n’a aucun effet sur les réhospitalisations et les décès. Cependant, il faut remarquer que moins de 50% des patients éligibles au protocole ont été inclus, que 40% des patients étaient toujours fumeurs à l’inclusion. A la fin de l’étude, seulement 75 patients ont été estimé bien « ancrés » dans le programme d’autogestion. Les résultats vont à contre-courant de la plupart des études précédentes rassemblées par EFFING T et coll (self management education for patients with COPD) Cochrane Date Base of Systematic Review issue 2009) avec 2239 patients issus de 14 études ; en résumé, ils ont observé une amélioration significative de la dyspnée, de la qualité de vie et une réduction de l’hospitalisation pour exacerbations, leur nombre restant inchangé. Enfin, certains travaux antérieurs ont utilisé des programme d’autogestion de la BPCO non validés (E WMA BISCHOFF, J BOURBEAU, BMJ 2012 ; 344-e1164).

JM POLU – Pneumologue