Marqueurs biologiques du syndrome métabolique et handicap respiratoire
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Marqueurs biologiques du syndrome métabolique et handicap respiratoire

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NAVEED B– Am J Respir Crit Care Med 2012 ; 185 : 392-399

Le département des pompiers de New York réalise régulièrement des explorations fonctionnelles respiratoires. A partir du 12 septembre 2001, après l’attaque du World Trade Center, les pompiers et le personnel du service médical d’urgence, ont été suivis jusqu’au 10 mars 2008. Lors du premier examen médical, tous les sujets ont eu une exploration fonctionnelle respiratoire et un prélèvement sanguin. NAVEED B et coll (Métabolique syndrome biomarkers predict lung funtion impairment) ont recherché dans une étude cas-contrôle longitudinale, si les marqueurs biologiques du syndrome métabolique peuvent prédire la perte de fonction respiratoire.

1720 sujets symptomatiques adressés pour bilan respiratoire entre le 01.10.2001 et le 10.03.2008, sont entrés dans l’étude. Après exclusion des patients toujours fumeurs, ayant un VEMS≤75% prédit, de sexe féminin etc…, 801 sujets ont constitué la cohorte de base répartie en 2 groupes : 109 cas avec VEMS < Limite Inférieure de la Normale (LIN) et 218 contrôles avec VEMS ≥ LIN. Dans le premier groupe cas, 71 sujets ont eu un dosage des marqueurs biologiques du syndrome métabolique et 166 dans le deuxième groupe contrôle.
Résultats
Le temps écoulé entre l’inclusion et l’évaluation de la fonction respiratoire, le moment de la journée a été comparable dans les deux groupes ainsi que l’âge et l’IMC. Le VEMS% prédit était inférieur dans le groupe cas par rapport au groupe contrôle (88% vs 108% avant, 77% vs 96% à l’inclusion et 73% vs 104% à l’évaluation finale ; p<0.0001 pour chaque). Le VEMS du groupe cas diminue progressivement alors qu’il augmente dans le groupe contrôle. Avant le 11 septembre 2001, il n’y avait pas de différence significative pour le déclin du VEMS entre les deux groupes. Parmi les paramètres du syndrome métabolique, la glycémie et la fréquence cardiaque étaient significativement (p=0.03 et 0.02 respectivement) plus élevées dans le groupe cas. 13 protéines marqueurs biologiques métaboliques étaient significativement plus élevées dans le groupe cas : leptine (p<0.001), amyline (p<0.01) et polypeptides pancréatiques (p=0.05). 26% des sujets du groupe cas et 16% du groupe contrôle (p=0.07) présentaient une tendance non significative (p=0.07) à une augmentation du syndrome métabolique. Le groupe cas présentait une proportion plus élevée du syndrome métabolique avec une augmentation du glucose (28 vs 16%, p=0.05), des triglycérides ≥ 150mg (HDL < 40gm/dl, 28 vs 14%, p=0.001), de la fréquence cardiaque (65 vs 48%, p=0.02). Dans le groupe cas, l’augmentation de la leptine était plus élevée (42 vs 21%, p=0.004) ainsi que la diminution des polypeptides pancréatiques (38 vs 24%, p=0.04). L’augmentation de l’amyline était rare dans le groupe cas (7 vs 31%, p<0.0001). Par régression logistique ajustée (âges, IMC…) en associant les marqueurs biologiques et les paramètres cliniques, les OR sont élevés pour les cas par rapport au contrôles : dyslipidémie OR=3.03, fréquence cardiaque ≥ 66/min OR=2.20, leptine ≥ 10 300µg/ml OR=3.0. Par contre, un taux d’amyline élevé est protecteur OR=0.16.
Conclusion
Le suivi pendant 6 ans de sujets exposés à une intense pollution aérienne, montre une augmentation du risque de détérioration respiratoire en présence d’une dyslipidémie, d’une fréquence cardiaque élevée et d’un taux de leptine ≥10 300µg/ml. Par contre, un taux d’amyline élevé est protecteur. Les marqueurs biologiques du syndrome métabolique peuvent identifier des sujets qui exposés à une pollution, seraient susceptibles de présenter une détérioration de leur fonction respiratoire. Cette étude suggère que la présence d’un syndrome métabolique précède la diminution de la fonction respiratoire. Ces résultats doivent être confirmés par d’autres études longitudinales avec un groupe contrôle de sujets non exposés à une pollution aérienne intense.

JM POLU – Pneumologue