Informations Récentes

Bibliographie 2011

Roflumilast associé aux Béta adrénergiques longue durée chez les BPCO

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEmail

ED. BATEMAN – Eur Respir J  2011; 38 : 553-560

Inhibiteur sélectif de la phosphodiesterase 4 (PDE-4), le Roflumilast possède une activité anti inflammatoire sur l’inflammation bronchique des BPCO (GROOTENDORST). Il réduit l’obstruction bronchique avec un effet additif aux bronchodilatateurs longue durée et diminue la fréquence des exacerbations (LANCET et RESPIRATORY RESEARCH) chez les patients BPCO sévères ou très sévères (VEMS ≤ 50% prédit).  BATEMANN ED et coll. (Roflumilast with long acting β2-agonistes for COPD : influence of exacerbation history), ont rassemblés deux essais cliniques randomisés, contrôlés contre placebo, réalisés sur 12 mois chez des patients BPCO âgés de plus de 40 ans avec une toux productive, un VEMS post bronchodilatateur ≤ 50% prédit et ayant présenté au moins une exacerbation traitée par corticothérapie par voie générale ou ayant nécessité une hospitalisation au cours de l’année précédant leur inclusion. Le protocole a été précisé dans deux études antérieures  ayant concerné la même population de 3091 patients inclus dont 2099 ont terminé l’essai clinique. Les objectifs de cette nouvelle étude étaient de préciser si la réduction de la fréquence des exacerbations était influencée par la prise concomitante de β2 adrénergiques longue durée ou par l’usage antérieur de corticoïdes inhalés.


Résultats
1027 patients ayant terminé l’étude avaient bénéficié de 500µg de Roflumilast per os par jour (groupe R) et 1072 d’un placebo (groupe P). 49% des patients du groupe R et 51% du groupe P étaient sous β2 adrénergiques longue (β2 LD) durée ET 27% de chaque groupe avaient présenté 2 ou plus exacerbations l’année précédant l’inclusion. La fréquence des exacerbations modérées sévères par patient et par an, était significativement inférieur dans le groupe R par rapport au groupe P (RR=0.83 ; p=0.0003). Réduction de 20.7% des exacerbations modérées sévères, chez les patients traités par β2 LD soit une réduction de 0.322 exacerbations par patient par an. Pour éviter une exacerbation par an, il faudrait traiter 3.2 patients par Roflumilast. La survenue des premières, secondes et troisièmes exacerbations était significativement retardée chez tous les patients sous Roflumilast et dans le sous-groupe sous β2 LD. Sans β2 LD seule la survenue de la seconde exacerbation était retardée. Chez les patients avec exacerbations (≥2 l’année précédant l’inclusion) ou moins fréquentes, le Roflumilast réduit la fréquence des exacerbations (respectivement RR=0.78, p=0.0017 et RR=0.84, p=0.0062). Quel que soit l’utilisation avant l’inclusion d’anticholinergique d’action courte ou de corticoïdes inhalés, la fréquence moyenne des exacerbations restait significativement inférieure dans le groupe R. Le  score focal TDI était significativement diminué, le VEMS amélioré chez les patients du groupe R, que les patients soient sous anticholinergiques concomitant ou non. Enfin, le Roflumilast n’augmente pas les effets indésirables des β2 LD en particulier tachycardie, tremblement.
Conclusion
Le Roflumilast réduit la fréquence des exacerbations et améliore la fonction respiratoire que les patients BPCO soient sous béta longue durée ou non ou qu’ils aient bénéficiés antérieurement ou non de corticoïdes inhalés (patients BPCO les plus sévères). Le Roflumilast retarde la survenue des exacerbations (première, seconde et troisième) modérées ou sévères. La fréquence des effets indésirable du Roflumilast n’est pas différent chez les patients avec ou sans béta adrénergique longue durée associés. La réduction relative des exacerbations des patients sous β2 LD associés est de 20.7%. Les auteurs recommandent d’associer le Roflumilast aux Bronchodilatateurs longue durée, chez les patients BPCO sévères-très sévères, ayant des symptômes de bronchite chronique.

JM POLU – Pneumologue