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Programme de gestion d'éducation thérapeutique de la BPCO

Programme de gestion d'éducation thérapeutique de la BPCO

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RICE KL – Am J Respir Crit Care Med 2010, 182 : 890-898

L'efficacité des programmes de gestion, d'éducation thérapeutique des patients BPCO n'est pas encore bien établie, bien que la littérature médicale montre qu'elle réduit en particulier les hospitalisations (Bourbeau 01.02.07 Garcia aymerick 01.07.07)  et les coûts (Effing 07.12.09).  RICE KL  et coll (Disease management program for COPD : randomized controlled trial) proposent dans cette étude multicentrique, randomisée et contrôlée, un programme d'éducation des patients BPCO simplifié et de contrôler son efficacité sur les hospitalisations, les thérapeutiques, la mortalité, la qualité de vie sur une durée de 12 mois. 1739 patients BPCO à haut risque d'hospitalisation (1 ou plus hospitalisations l'année précédant l'inclusion, oxygénothérapie et cures de corticothérapie) ont été sélectionnés.

 

Un groupe de patients a bénéficié des traitements recommandés et de la possibilité de téléphoner à une infirmière spécialisée (groupe R). L'autre groupe a bénéficié d'une seule session de 60 à 90 minutes d'éducation, a reçu un plan d'action écrit individuel et le responsable les a contacté chaque mois (groupe E). L'évaluation a été réalisée sur les éléments : nombre d'hospitalisation et de visite aux urgences, durée des hospitalisations, médicaments respiratoires utilisés, modification de la qualité de vie et mortalité.
Résultats
371 patients ont été randomisés dans le groupe R (70.7±9.7 ans, VEMS 38.1±14.4% prédit) et suivis en moyenne pendant 341 jours et 372 patients dans le groupe E (69.1±9.4 ans, VEMS 36.1±14.5% prédit), suivis pendant 349 jours. 56.6% des patients du groupe R bénéficiaient d'une OLD et 53.9% des patients du groupe E. l'effet de l'éducation thérapeutique a été précoce et sur la période de suivi à 1 an, la différence a été significative pour les hospitalisations : 0.82 vs 0.48 (p<0.001). Pour 100 patients-années, les réductions des hospitalisations et visites aux urgences a été de 41% dans le groupe E par rapport au groupe R (p<0.001). Pour les hospitalisations de causes cardiaques ou respiratoires non dues à la BPCO, la réduction a été de 49%, de 28% pour les hospitalisations de toutes causes et de 27% pour les visites aux urgences de toutes causes. La qualité de vie (questionnaire de St George) s'est dégradée de 6.4 points dans le groupe R et s'est améliorée de 1.3 points dans le groupe E, différence de 5.1 points (p<0.001), cliniquement significative. Les patients du groupe E ont utilisés plus de prednisone (p<0.001), de cures d'antibiotique (p<0.001) et plus de bronchodilatateurs inhalés. L'utilisation de corticostéroïdes inhalés a été équivalente dans les deux groupes. Enfin, la mortalité a été moindre dans le groupe E avec une différence significative de 3.7 pour 100 patients année (p=0.09).
Conclusion
Bien qu'il n'y ait pas eu d'étude coût-bénéfice, cette simple intervention d'éducation thérapeutique des patients BPCO sévères, semble réduire les dépenses tout en améliorant leur qualité de vie. Les auteurs proposent de confirmer ces résultats par d'autres études réalisées dans des conditions différentes.

JM POLU - Pneumologue